Self-Portraits, 2016

문득 그런 모습이 있다

이성복

문득 그런 모습이 있다
창 밖을 바라보는 개의 뒷모습
축 쳐진 귀바퀴에
굽은 등뼈가 산허리를 닮은 개
두 겹의 배가 뒤에서도 보이고
펑퍼짐한 엉덩이가 무거운 개

개는 붉은 의자에 올라앉아
창 밖을 내다본다
창 밖엔 흰 구름이 브래지어 끈처럼
걸쳐 있고, 하늘은 푸르다
개는 뒤를 돌아보지 않는다

지금 개가 돌아앉아
창 밖을 내다보는 곳이
당신 방이라는 것을 아는가
대체 개의 머리는 바라보는 일에 무력해서
저렇게 비스듬히 세워진 몸뚱아리가
창 밖을 내다보고 있는 것이다

개의 위와 식도와 창자가
고무 호스처럼 포개어진,
누르스름한 물컹한 다라이 같은 개의 뱃집이
창 밖의 풍경을 빨고 삼키고 주물텅거리며
소화시키고 있는 것이다

개는 거칠거나 표독하거나
신경질적이지 않다
개의 불룩한 배와 축 쳐진 귀가
그렇게 일러준다
하지만 곧추 세운 개의 허리는
개의 의지가 우둔하고
완강하고 뻔뻔하게 그의 삶을 버티고
있다는 것을 말해준다

당장이라도 당신은 다가가
쓰다듬어 주고
반들반들한 털 속으로 손을 넣어
긁어줄 수도 있겠지만,
당신은 그럴 생각이 없다
당신의 몸집보다 두 배는 더 굵은 개가
당신이 앉는 붉은 의자에 죽치고 있을 때
당신은 개를 불러 내려오게 할 수도 있으리라
하지만 당신은 그럴 생각이 없다
퍼질러 앉아 휴식을 취하는
개에 대한 예의에서가 아니다

그것은 개가,
웅크리고 있는 개가
당신의 일부이기 때문이다
어느 날 오후 구름이 브래지어 끈처럼
내걸린 창 앞에, 이해할 수 없는 푸른 하늘 앞에
당신의 일부가 저렇게 버티고 있는 것을
당신이 눈치챘기 때문이다.

당신의 일부가 불가사의한 풍경 앞에,
난해한 오후의 햇빛 앞에 바보같이, 멍청하게
뭔지도 모르는 멍한 시선으로,
일어날 줄 모르고, 일어서야 한다는 것도
알지 못하기 때문이다

당신은 메리, 메리 혹은 쫑, 쫑 하고
부를 수도 있으리라
하지만 당신은 개를 부르지 못 한다
볼펜이나 담배갑을 집어던질 수도 있으리라
하지만 당신은 그렇게 하지 못한다

그것은 개를 부르는 것이 아니라
당신 자신을 부르는 것이므로
당신이 당신을 부르려면
다른 시간, 다른 공간에 있어야 하므로
당신은 의자를 잡아 흔들거나
발길질 할 수도 있으리라
하지만 당신은 그렇게 하지 못한다

맥박이 빨리 뛰고 가슴이 두근거리는데도
당신이 그렇게 하지 못하는 것은
두 겹의 뱃살과 축 늘어진 귀바퀴로
우두커니 창 밖을 내다보는 개가 당신 자신이므로

지금 브래지어 끈처럼 내걸린 구름이
군데군데 잘려 나가는 오후의
하늘을 바라보는 개,
그 뒤에는 당신이 있다
고요한 경악과 더듬거리는 혀와
명치끝까지 올라오는 아득함이 있다

이곳은 당신의 방이다
당신은 이 곳에 잘못 들어왔다
이곳은 당신의 방이다
단연코 당신은 잘못 들어온 것이다
어느 날 문득 방문을 열고
당신은 당신 자신을 보아 버린 것이다

Tout à coup on a cette vue

Lee, Seong-bok (trad. No, Mi-Sug et Alain Génetiot)

Tout à coup on a cette vue
La vue d’un chien de dos qui regarde par la fenêtre
Le chien aux oreilles pendantes
Dont l’épine dorsale courbée ressemble à la pente d’une montagne
Le chien dont on peut voir même de dos le ventre à deux replis
Et dont l’arrière-train avachi paraît pesant

Le chien assis sur une chaise rouge
Regarde par la fenêtre
Par la fenêtre s’étalent les nuages blancs comme les bretelles
D’un soutien-gorge, et le ciel est bleu
Le chien ne se retourne pas

Là où à présent ce chien au dos tourné
Regarde par la fenêtre
Sais-tu que c’est ta chambre ?
Mais enfin, puisque la tête du chien ne se soucie pas de regarder
C’est son corps debout de biais
Qui regarde par la fenêtre

Son ventre jaunâtre comme une bassine molle
Où sont repliés comme un tuyau en caoutchouc
Son estomac son œsophage et ses intestins
Est en train de digérer
En léchant, en avalant et en malaxant le paysage par la fenêtre

Le chien n’est ni brutal ni féroce
Ni nerveux
Son ventre pansu et ses oreilles pendantes
L’indiquent
Mais le dos du chien redressé
Dit que son tempérament est lent
Et qu’il mène une vie
Opiniâtre et intrépide

À l’instant même tu pourrais t’en approcher, Le caresser
Et le gratter
En passant la main dans ses poils lisses
Mais tu n’as pas envie de le faire

Quand un chien deux fois plus gros que toi
A pris la chaise rouge que tu prenais d’habitude,
Tu pourrais l’appeler pour le faire descendre
Mais tu n’as pas envie de le faire
Ce n’est pas par politesse envers le chien
Qui se repose assis détendu

C’est que le chien,
Ce chien qui reste en boule devant toi
Est une partie de toi-même
C’est que tu t’es rendu compte que c’était une partie de toi
Qui se tenait ainsi face au ciel bleu incompréhensible,
Au bord de la fenêtre l’après-midi d’un jour
Où les nuages sont exhibés comme les bretelles d’un soutien-gorge

Bêtement, comme un idiot qui ne sait pas s’en aller,
Devant le paysage mystérieux,
Sous les rayons de soleil d’un après-midi inintelligible,
Cette partie de toi-même
Ne sait même pas qu’elle doit s’en aller

Tu pourrais l’appeler
Merry Merry ou Tchong Tchong
Mais tu ne peux pas appeler le chien
Tu pourrais lui lancer un stylo à bille ou ton paquet de cigarettes
Mais tu ne peux pas le faire
Puisqu’il ne s’agit pas d’appeler le chien
Mais de t’appeler toi-même,
Et pour que tu t’appelles toi-même
It te faudrait être dans un autre temps, dans un autre espace

Tu pourrais secouer la chaise
Ou bien lui donner un coup de pied
Mais tu ne peux pas le faire
La raison pour laquelle tu ne peux pas le faire
Bien que ton pouls batte rapidement et que ton cœur palpite,
C’est que le chien qui regarde par la fenêtre d’un air absent
Avec son ventre à deux replis et ses oreilles pendantes, c’est toi

Le chien qui à présent regarde le ciel
De l’après-midi où par endroits se défont
Les nuages exhibés comme les bretelles d’un soutien-gorge,
Derrière lui, tu es là
Avec une stupeur silencieuse, une langue balbutiante
Et une vague sensation qui te remonte jusqu’au creux de l’estomac

Ici, c’est ta chambre
Tu n’aurais pas dû y entrer
Ici, c’est ta chambre
Tu n’aurais vraiment pas dû y entrer
Un jour tout à coup en ouvrant la porte de la chambre
Tu as fini par te voir toi-même

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